Publié le 17 octobre 2026VIH, santé publique, travail · édition Afrique
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Sida en Afrique — l'actualité de la lutte contre le VIH sur le continent

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Sida en Afrique : les chiffres 2025

Le bilan de l'année 2025, publié en juillet 2026, confirme que l'Afrique subsaharienne porte toujours l'essentiel de l'épidémie de VIH. Il montre aussi des décès au plus bas et un écart persistant entre l'est et l'ouest du continent. Lecture commentée des données.

Par la rédaction ·

Tour de Hillbrow et immeubles du centre de Johannesburg sous un ciel nuageux
Johannesburg. L'Afrique australe reste la région du monde la plus touchée par le VIH.

Chaque mois de juillet, l'ONUSIDA publie ses estimations mondiales sur le VIH. L'édition 2026, qui porte sur l'année 2025, décrit une épidémie qui recule, mais de façon inégale, et dont le centre de gravité reste africain. Voici ce que disent les principaux chiffres, et ce qu'ils ne disent pas.

Un continent, deux régions statistiques

Les institutions internationales découpent l'Afrique subsaharienne en deux ensembles. L'Afrique orientale et australe va de l'Éthiopie et du Kenya jusqu'à l'Afrique du Sud, en passant par l'Ouganda, la Tanzanie, le Mozambique, la Zambie, le Zimbabwe, le Malawi, le Botswana, l'Eswatini ou le Lesotho. L'Afrique de l'Ouest et du Centre réunit les pays du golfe de Guinée, du Sahel et du bassin du Congo, du Sénégal au Nigeria et de la Côte d'Ivoire à la République démocratique du Congo.

Ce découpage n'est pas un détail : les deux régions n'ont ni la même histoire épidémique, ni les mêmes niveaux d'accès au traitement. Les additionner donne une vue d'ensemble, les comparer permet de comprendre où se trouvent les retards. Nos dossiers pays détaillent ces différences.

Les deux régions africaines en 2025
Afrique orientale et australeAfrique de l'Ouest et du Centre
Personnes vivant avec le VIH21,1 millions5,2 millions
Nouvelles infections dans l'année420 000190 000
Décès liés au sida240 000110 000
Personnes vivant avec le VIH sous traitement85 %74 %
Femmes enceintes séropositives recevant un traitement95 %70 %

Source : ONUSIDA, fiche d'information 2026 (estimations pour l'année 2025, publiées en juillet 2026).

Près des deux tiers des personnes concernées

Sur les 41 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde en 2025, environ 26 millions vivent en Afrique subsaharienne : 21,1 millions à l'est et au sud, 5,2 millions à l'ouest et au centre. L'OMS, qui raisonne avec son propre découpage, la Région africaine, arrive à une proportion voisine : 65 % des personnes vivant avec le VIH s'y trouvaient fin 2024.

Les deux régions africaines ont enregistré environ 610 000 nouvelles infections en 2025, soit à peu près la moitié des 1,2 million recensées sur la planète. Elles concentrent aussi environ 350 000 des 570 000 décès liés au sida, un peu plus de six sur dix.

41 millionsde personnes vivant avec le VIH dans le monde en 2025
26 millionsen Afrique subsaharienne, dont 21,1 millions à l'est et au sud
5 millionsde personnes ignorent encore leur statut

Des décès divisés par près de quatre

Le chiffre le plus spectaculaire reste celui de la mortalité. Au pic de l'épidémie, en 2004, 2,1 millions de personnes mouraient chaque année de maladies liées au sida. Elles étaient environ 570 000 en 2025, une baisse de 73 %. Les nouvelles infections ont, elles, reculé de 65 % depuis leur sommet de 1994, et de 42 % depuis 2010.

Ce recul tient d'abord au traitement antirétroviral. Fin 2025, 32,1 millions de personnes en recevaient un dans le monde, contre 7,6 millions en 2010. Les régimes actuels sont plus simples qu'au début des années 2000 : un comprimé par jour suffit souvent. Et ils ont un second effet, rappelé par l'OMS depuis 2023 : une personne dont la charge virale est rendue indétectable par le traitement ne transmet pas le VIH à ses partenaires sexuels.

Main gantée tenant un tube de prélèvement au-dessus d'un portoir vert
Mesurer la charge virale permet de vérifier que le traitement fonctionne. Photo d'illustration.

L'écart entre l'est et l'ouest

C'est la ligne la plus frappante du tableau. En Afrique orientale et australe, 85 % des personnes vivant avec le VIH étaient sous traitement en 2025, et 95 % des femmes enceintes séropositives recevaient les médicaments qui évitent la transmission à l'enfant. En Afrique de l'Ouest et du Centre, ces proportions tombent respectivement à 74 % et à 70 %.

L'écart est encore plus net chez les enfants : seuls 41 % des enfants vivant avec le VIH en Afrique de l'Ouest et du Centre recevaient un traitement. Plusieurs raisons sont avancées par les spécialistes : un dépistage des nourrissons moins répandu, des systèmes de santé plus fragiles dans certaines zones de conflit, une épidémie moins visible, donc moins prioritaire, là où la prévalence est faible. Nous y reviendrons dans un article consacré à cette région.

Le dépistage, premier maillon

Avant d'être traité, il faut se savoir porteur du virus. En 2025, 88 % des personnes vivant avec le VIH dans le monde connaissaient leur statut, selon l'ONUSIDA. Le chiffre paraît élevé ; il signifie pourtant qu'environ 5 millions de personnes vivent avec le virus sans le savoir, et donc sans traitement. L'objectif fixé pour 2025, dit « 95-95-95 », visait 95 % de personnes dépistées, 95 % d'entre elles traitées et 95 % de ces dernières avec une charge virale contrôlée. Nous détaillons les outils et les retards dans notre état des lieux du dépistage du VIH sur le continent.

Carte ancienne de l'Afrique en couleurs, tirée d'une encyclopédie de 1890
Carte de l'Afrique publiée dans une encyclopédie britannique en 1890. Le découpage statistique actuel ignore les frontières d'alors.

Ce que les chiffres ne disent pas

Ces données sont des estimations. Elles reposent sur des modèles nourris par les enquêtes nationales, les registres des programmes de traitement et la surveillance dans les consultations prénatales. Elles sont révisées chaque année, parfois de façon sensible, quand une nouvelle enquête de terrain vient corriger les hypothèses : un chiffre de 2025 publié en 2026 peut être légèrement modifié dans l'édition suivante. Il faut donc lire les tendances plutôt que les décimales.

Les moyennes régionales masquent aussi de très fortes différences entre pays, entre villes et campagnes, entre hommes et femmes, entre classes d'âge. Une prévalence nationale faible peut cacher des zones ou des groupes beaucoup plus touchés. C'est pourquoi les programmes s'appuient de plus en plus sur des données locales, district par district.

Enfin, les chiffres de 2025 ne reflètent qu'en partie les effets du recul de l'aide internationale, amorcé cette année-là. L'ONUSIDA prévient que, sans financements supplémentaires, les nouvelles infections pourraient repartir à la hausse dans les prochaines années. Nous analysons cette question dans notre décryptage sur l'argent de la riposte.

Ce qu'il faut retenir

  • L'Afrique subsaharienne regroupe environ 26 des 41 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde.
  • Elle concentre à peu près la moitié des nouvelles infections et six décès liés au sida sur dix.
  • Les décès ont baissé de 73 % depuis 2004 grâce au traitement antirétroviral.
  • L'Afrique de l'Ouest et du Centre accuse un net retard, surtout pour le traitement des enfants (41 %).
  • Environ 5 millions de personnes dans le monde ignorent encore leur statut.

Information générale. La Gazette du Ruban est un site d'information générale : ses articles ne sont pas un avis médical. Pour toute question personnelle sur le VIH, le dépistage ou un traitement, adressez-vous à un professionnel de santé ou à un centre de dépistage.